Le traumatisme crânien :
un domaine
spécifique

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J’assiste depuis des nombreuses années les victimes de dommages corporels et, plus précisément, les victimes de traumatisme crânien. Je travaille de plus avec une équipe de professionnels, dont des médecins spécialisés, qui délimite l’étendue des séquelles, dont certaines sont non apparentes, pour ainsi obtenir une plus juste indemnisation.

De même, en tant qu’avocat des victimes en traumatisme crânien, je veille à orienter si nécessaire mes clients vers un neuropsychologue, un psychiatre, un ergothérapeute, ou un autre professionnel, selon les besoins détectés.

Titulaire d’un diplôme universitaire relatif aux traumatismes crâniens « Évaluation des Traumatisés Crâniens » et, ayant une expérience certaine dans la défense de victimes de dommages corporels, je suis, à juste titre, d’une grande utilité aux victimes que j’accompagne avec expertise dans la procédure d’indemnisation.

Traumatisme crânien femme derrière une vitre sous la pluie

Qu’est-ce que le traumatisme crânien ?

Le traumatisme crânien est une lésion cérébrale d’origine traumatique. Il peut s’agir notamment d’une fracture du crâne, d’une commotion cérébrale ou d’une contusion cérébrale. Ils regroupent effectivement à la fois :

  • les lésions du cuir chevelu.
  • Fractures du crâne.
  • Commotions cérébrales : Il y a commotion cérébrale se lorsqu’une force externe cause un mouvement rapide de la tête, qui entraîne une collision entre le cerveau et les parois de la boîte crânienne.
  • Contusions : les hématomes.
  • Lacérations : déchirures cérébrales.
  • Hématomes intracrâniens : l’accumulation de sang dans le cerveau ou entre le cerveau et la voûte crânienne.
  • Lésions axonales diffuses : les lésions des cellules nerveuses dans l’ensemble du cerveau .
  • Hémorragie sous-arachnoïdienne : des saignements peuvent également se développer entre les couches recouvrant le cerveau.

Plus généralement on parle de traumatisme crânien (TC) pour tout choc reçu à la tête au niveau du crâne quelle que soit sa violence. Ainsi qu’il s’agisse d’un coup au crâne contre un mur ou d’un accident violent, le choc reçu au crâne est appelé traumatisme crânien.

Les statistiques du traumatisme crânien

Les accidents de la route ou accidents de la voie publique sont notamment à l’origine de ce type de dommages corporels. Ainsi on estime que les accidents de la route représentent environ la moitié des traumatismes crâniens.

Le  traumatisme crânien touche des centaines de milliers de personnes chaque année. Plus précisément, 281 personnes sont touchées pour 100.000 habitants, avec une prédominance deux fois plus grande pour le sexe masculin. Indiquons aussi que les accidents de la voie publique représentent en France la première cause de traumatisme crânien. Ainsi ces accidents sont à l’origine de 60% des hospitalisations pour traumatisme crânien, et 70% des décès par traumatisme crânien.

Les conséquences du traumatisme crânien

Le traumatisme crânien peut être grave, modéré ou léger. Quoi qu’il en soit, les blessures à la tête ou au cerveau peuvent avoir des conséquences permanentes. En effet, une lésion cérébrale peut entraîner des troubles cognitifs qui peuvent affecter presque tous les aspects du fonctionnement quotidien de la victime :

  • interférer avec la capacité à mener une vie normale.
  • Altérer la personnalité.
  • Ou bien entraîner des douleurs chroniques,
  • ou encore provoquer un handicap permanent

Ces dysfonctionnements nécessitent par la suite souvent des traitements intensifs.  En conséquence, subir un traumatisme crânien, peut impliquer des frais médicaux importants et perdre des journées de travail. En définitive avoir un coût important.

Les lésions provoquées par le traumatisme crânien

Ce type de traumatisme peut entraîner deux types de lésions:

  • premièrement les lésions de contact : Contusions directes, plaies crânio-cérébrales, hématome extradural.
  • Deuxièmement les lésions d’inertie : contusions de contrecoup, hématome sous-dural, lésions axonales, hématome intra-cérébral.

Comment mesure-t-on un traumatisme crânien ?

Il faut savoir que la gravité d’un traumatisme crânien se mesure grâce au Glasgow coma scale ou GCS. C’est le score qui est mesuré en urgence ou 30 minutes après le traumatisme. Il est évalué de 3 à 15:

  • de 13 à 15, le traumatisme est léger,
  • ensuite entre 8 et 12 il est modéré,
  • et finalement de 3 à 8 le traumatisme crânien est sévère.

GCS TRAUMATISME
CGS< 8 Grave
8< GCS <12 Modéré
13< GCS <15 Léger

Les troubles causés par le traumatisme crânien

Le traumatisme crânien est en effet à l’origine de divers de troubles que nous dénombrons sommairement ci-après.

Paralysie

Le traumatisme crânien peut conduire, en effet, à des états de paralysie incomplète ou complète.

Problèmes de mouvements

Le traumatisme crânien peut être également causer une atteinte à la qualité des mouvements comme des tremblements, ou une incoordination, dans le cas du syndrome cérébelleux par exemple.De même les troubles causées par le traumatisme crânien peuvent consister en une atteinte de la conception et de la réalisation du geste, en cas s’agit d’apraxie notamment.

Déficiences cognitives

Le traumatisme crânien peut aussi causer des déficiences cognitives dans le cas d’un syndrome frontal. Ces déficiences cognitives sont la source de ce que l’on appelle communément le « handicap invisible ». il s’agit de différents troubles comme :

  • une lenteur mentale.
  • Des troubles de l’attention.
  • Troubles la concentration.
  • Une difficulté à faire plusieurs choses à la fois.
  • Des troubles de la mémoire.
  • Et enfin des troubles des fonctions exécutives. Les fonctions exécutives sont les opérations nécessaires pour effectuer des tâches non routinières, c’est-à-dire des tâches nouvelles, conflictuelles, ou nécessitant l’inhibition d’un schéma d’action prépondérant ou complexe.

Les troubles de la mémoire

Les troubles de la mémoire sont une des plaintes cognitives les plus fréquents des traumatisés crâniens et de leur famille. Il est habituel de distinguer cinq formes différentes :

TROUBLE DE LA MÉMOIRE DÉFINITION
Antérograde L’amnésie depuis l’événement traumatique est dite antérograde.
Rétrograde L’amnésie avant l’événement traumatique est dite rétrograde
Lacune mnésique C’est l’amnésie avant l’accident qui se poursuit après l’accident
Syndrome de Korsakoff Il s’agit de troubles de la mémoire avec fabulation
Les aphasies Troubles du langage. Il existe deux types d’aphasie : L’aphasie de Broca, non fluente, et l’aphasie de Wernicke, qui est fluente

Il faut savoir que l’article 76 de la loi handicap du 11 février 2005 prévoit que les personnes aphasiques peuvent se faire accompagner devant les tribunaux par une personne de leur choix ou un professionnel.

Voici les sites de deux associations concernant l’aphasie :

Association Internationale Aphasie – AIA

Fédération Nationale des Aphasiques de France

État de stress post-traumatique provoqué par un traumatisme crânien

L’État de stress post-traumatique peut survenir chez les personnes ayant été victimes d’un traumatisme crânien même s’il il est diagnostiqué comme étant un trauma crânien léger. Celui-ci surgit à partir d’un mois après l’événement traumatique, voire même six mois après auquel cas il s’agit d’un état de stress post traumatique à débit différé. Cet état se caractérise par des syndromes d’intrusion et de répétition (reviviscence, cauchemars), une hyperactivité ou hyper vigilance (colère, irritabilité, troubles du sommeil notamment), des symptômes anxieux, des évitements.

Plus généralement, dans l’année qui suit le traumatisme crânien léger à modéré, 30% des patients présent un trouble psychiatrique. Parmi ces troubles, les plus fréquents sont :

  • Le trouble dépressif pour 9%
  • Le trouble anxieux généralisé pour 9%
  • L’état de stress post-traumatique pour 6%
  • Et le trouble agora-phobique pour 6%.

L’état de stress post-traumatique concerne deux fois plus de femmes que d’hommes. Les victimes ont six fois plus de risques de dépression, trois fois plus de risque d’alcoolisme, et comptent 20% de tentatives de suicide.

L’état de stress post-traumatique est déclenché par un traumatisme initial. Il s’agit de quelque chose de violent et d’inattendu, auquel on n’est pas préparé. La violence de ce traumatisme est telle qu’elle est de nature à menacer l’individu. La victime vit l’événement avec une peur intense.

Les symptômes de l’état de stress post-traumatique

Nous pouvons distinguer :

  • tout d’abord, le syndrome de répétition et d’intrusion

    La victime a des flash-back, des reviviscences. C’est-à-dire qu’elle a l’impression de revivre la scène avec le même niveau de risques. Cela est spontané ou déclenché par stimulations.

  • L’état de stress post-traumatique se caractérise aussi par des évitements aussi bien cognitifs que comportementaux

    Ainsi, la victime se détache des autres, et elle a moins d’activités et de centres d’intérêts.

  • L’état de stress post-traumatique entraîne également une hyperactivité neurovégétative

    Une hyper vigilance. Ainsi, sur le plan cognitif, il pourra y avoir des réactions de sursauts exagérées. Sur le plan comportemental, se manifesteront de l’irritabilité, des colères. Il faut noter aussi des troubles attentionnels avec des difficultés à se concentrer, un retentissement sur le sommeil, des troubles du sommeil, des difficultés à se rendormir.

  • Enfin, l’état de stress post-traumatique est caractérisé par des symptômes anxieux et dépressifs

    Il ne s’agit pas des symptômes exacts de l’anxiété ou de la dépression, mais plutôt de crises de panique, d’anxiété chronique. Le symptôme dépressif apparaît sous forme d’émoussement. La victime a le sentiment d’un avenir bouché. Le sentiment de culpabilité est également très habituel chez la victime du stress post-traumatique.

Tout cela doit durer depuis au moins un mois en continu avec souffrance significative ou certain niveau de gravité. Quand l’état de stress post-traumatique dure plus de deux ans, il peut y avoir une modification de la personnalité.

L’état de stress post-traumatique est indemnisable. Mais il est recommandé de se diriger vers un avocat ayant une bonne connaissance de ces symptômes pour obtenir une indemnisation qui en tiendra compte.

Les lésions de Blast : le traumatisme crânien chez les militaires

Elles sont conséquentes à une explosion. On les classe en:

  1. les lésions primaires : les effets de l’onde de choc,
  2. deuxièmement, les lésions secondaires : la projection des débris sur la victime,
  3. lésions tertiaires : la projection de la victime elle-même,
  4. et finalement les lésions quaternaires : inhalation de la fumée, les brûlures, notamment.

La perte de connaissance : coma, état végétatif, état pauci relationnel, mutisme akinétique, locked in syndrome

Coma

Tout d’abord il faut dire que le coma est l’état de quelqu’un qui est immobile. Aussi les yeux clos, il ne réagit pas au stimuli, et n’a conscience ni de lui-même ni de son environnement.

État végétatif

Aussi plusieurs critères caractérisent l’état végétatif : une ouverture intermittente des yeux avec cycles veille/sommeil, le maintien des fonctions vitales, le maintien des réflexes du tronc cérébral et de la moelle, l’absence de réponse appropriée, reproductibles et intentionnelle à un stimuli, l’absence de compréhension et d’expression du langage.

État pauci relationnel

On l’appelle aussi « état de conscience minimale », de patients dont les réponses sont inconstantes mais reproductibles. Les mouvements sont finalisés, la verbalisation intelligible, la fixation et le suivi du regard sont adaptés, et les manifestations affectives appropriées.

Le mutisme akinétique

c’est l’état d’une personne en état d’éveil et conscience, mais sans motricité spontanée, sans motricité oculaire spontanée, sans communication verbale spontanée.

Le locked in syndrome

Il se caractérise par une ouverture des yeux, une tétraplégie, une aphonie, des fonctions cognitives conservées, une élévation du regard et un clignement des yeux possible.

Le handicap invisible

La victime peut présenter des déficits cognitifs sans qu’aucune lésion ne soit visible au scanner ou l’IRM cérébral. Les déficits peuvent également passer inaperçus du fait de l’anosognosie. C’est ce qu’on appelle le handicap invisible.

Le handicap invisible implique des troubles cognitifs, psycho comportementaux et de la conscience de soi. La difficulté est que ces troubles sont considérés par les autres comme des traits du caractère de la victime, qui est jugé colérique ou paresseux par exemple. De ce fait, le handicap est difficile à identifier.

Il passe facilement inaperçu. Cela d’autant plus que le handicap invisible est accentué par l’anosognosie de la victime. L’anosognosie est le fait pour la victime de ne reconnaître elle-même son handicap. Elle le nie, le sous-estime. C’est une conséquence du traumatisme crânien.

Ainsi, les troubles neuropsychologiques sont, dans le cas du handicap invisible, non identifiés et mal interprétés par le patient lui-même et par son entourage.

Ces troubles sont également mal interprétés par l’environnement social et socioprofessionnel de la victime. Mais ils sont de mieux en mieux connus.

Quoi qu’il en soit, un avocat averti sera le plus à même de faire valoir ces troubles en vue de son indemnisation.

L’anosognosie

Le traumatisé crânien est anosognosique, ce qui signifie qu’il ne reconnaît pas la réalité de son état physiologique ou la diminution de la capacité fonctionnelle qui le touche.

Le syndrome post-commotionnel

Le syndrome post-commotionnel est caractérisé lorsqu’il y a persistance d’au moins trois symptômes après 4 semaines ou 3 mois à compter de la survenance d’un traumatisme crânien avec perte de connaissance ou ayant entraîné une commotion cérébrale. Ces symptômes sont des céphalées, une irritabilité, des troubles mnésiques, des vertiges.

Remarques sur le traumatisme crânien léger

Le traumatisme crânien léger se caractérise par un score de Glasgow de 13 à 15, une perte ou altération de la conscience de moins de 30 minutes, ou une amnésie post-traumatique de moins de 24 heures. Il est à tort, souvent sous-estimé et négligé. Aussi, seul un avocat averti des caractéristiques du traumatisme crânien léger sera à même d’obtenir une bonne indemnisation pour la victime.

Le trauma crânien léger peut se compliquer en un syndrome post-commotionnel. Aussi l’état de stress post-traumatique aggrave le traumatisme crânien léger.

sport et traumatisme crânien

Le traumatisme crânien des sportifs : la commotion cérébrale

Les sportifs sont souvent victimes de traumatismes crâniens légers qui, en raison de leur répétition, deviennent graves.

Les commotions cérébrales dans le sport

La commotion cérébrale c’est un dysfonctionnement cérébral, soudain et cliniquement transitoire. Mentionnons que la plupart des commotions cérébrales se produisent chez des sportifs amateurs et pas toujours dans un cadre organisé. Cette pathologie, aussi, n’est pas toujours apparente, la victime peut ne pas en être consciente de son état.

Notons que lors d’une commotion cérébrale, le cerveau est secoué d’avant en arrière. Par conséquent le casque porté par les joueurs dans certains sports, ne protège pas de la commotion.

Voir l’article à ce sujet de la revue médicale Suisse

Les symptômes de la commotion cérébrale

Les symptômes de la commotion cérébrale sont variés. Ainsi il peut s’agir de :

  • troubles de la mémoire.
  • Troubles de l’équilibre.
  • ou encore de troubles des fonctions végétatives et respiratoires.
  • On observe très rarement des convulsions ou une ataxie, c’est-à-dire l’impossibilité de se tenir debout.
  • Amnésie.
  • Conduite inappropriée.
  • La vue trouble.
  • La fatigue.
  • Le manque d’énergie.
  • les maux de tête.

Le traumatisme crânien des enfants

Le traumatisme crânien est plus grave quand il survient chez l’enfant, qui est plus vulnérable et dont les aires cérébrales sont immatures. Par conséquent ce type de traumatisme requiert une bonne connaissance de la part de votre avocat car il comporte des spécificités.

Le syndrome du bébé secoué en fait partie. Il constitue de même une infraction pénale.

Un administrateur ad hoc pourra être désigné afin de protéger l’enfant, et il pourra saisir la CIVI (commission d’indemnisation des victimes d’infraction) d’une demande d’indemnisation.

Voir notre article sur le traumatisme crânien de l’enfant et de l’adolescent >

L’indemnisation du traumatisme crânien

L’indemnisation du traumatisme crânien requiert une bonne connaissance de leurs pathologies. En effet, le traumatisme crânien comporte une dimension à la fois organique et psychique. L’évaluation des préjudices des personnes cérébro-lésées requiert en outre qu’il soit fait appel à des professionnels dont le rôle sera essentiel. Voir à ce sujet notre article « indemnisation du traumatisme crânien »

Nous avons survolé les caractéristiques et les conséquences des traumatismes crâniens. C’est un sujet complexe avec des conséquences sérieuses et parfois irréversibles pour la victime. Nous ne pouvons que recommander le choix d’un avocat formé et expérimenté pour obtenir une indemnisation à la hauteur du dommage subi.