Depuis la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, dite loi Kouchner, la solidarité nationale a instauré un dispositif spécifique pour compenser les victimes d’un accident médical non fautif, également appelé aléa thérapeutique. Ce risque inhérent à toute intervention médicale peut causer des préjudices graves, sans qu’une erreur ou négligence médicale soit engagée. La prise en charge financière est assurée par l’Office National d’Indemnisation (ONIAM), qui intervient lorsque les critères légaux sont remplis.
Dans cet article, nous détaillons les critères essentiels pour obtenir réparation, les étapes à suivre, ainsi que l’importance d’un accompagnement juridique expert pour défendre vos droits.
Qu’est-ce que l’aléa thérapeutique ?
L’aléa thérapeutique représente un risque inhérent à toute action de prévention, diagnostic ou traitement médical. Contrairement à la faute médicale, il ne résulte pas d’une erreur ou négligence, mais correspond à une complication imprévisible et non maîtrisable.
Important : la loi Kouchner a créé un régime spécifique pour indemniser ces accidents médicaux non fautifs, fondé sur un principe de solidarité nationale.
Le cadre légal : la loi du 4 mars 2002
Cette loi a établi trois structures clés pour la prise en charge des accidents médicaux :
- ONIAM : organisme public chargé de la compensation financière au titre de la solidarité nationale.
- CCI (Commissions de Conciliation et d’Indemnisation) : facilitent le règlement amiable entre victimes et établissements de santé.
- CNAMED : liste et encadre les experts médicaux.
Cette organisation garantit un accès simplifié et juste à la réparation, que le préjudice résulte ou non d’une faute médicale.

Conditions d’indemnisation d’un aléa thérapeutique par l’ONIAM
L’indemnisation d’un aléa thérapeutique repose sur un régime spécifique de solidarité nationale. Pour que l’ONIAM intervienne, plusieurs conditions cumulatives doivent être réunies, appréciées au cas par cas après expertise médicale.
- Un acte de soins (préventif, diagnostique ou thérapeutique), réalisé conformément aux règles de l’art, à l’origine du dommage.
- Un lien direct et certain entre cet acte médical et les séquelles présentées par la victime.
- Un dommage d’une gravité suffisante, apprécié notamment au regard d’un taux d’incapacité permanente important, d’un arrêt de travail prolongé ou de troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence.
- Un caractère anormal du préjudice, c’est-à-dire un dommage qui ne correspond pas à l’évolution normalement prévisible de l’état de santé du patient au regard de sa pathologie initiale et des risques connus de l’acte médical.
L’appréciation du caractère anormal du dommage repose sur une analyse médico-légale globale. Les juridictions prennent en compte, parmi d’autres éléments, la fréquence de survenue du risque, sans que ce critère ne constitue à lui seul une règle automatique.
Exemple : un dommage survenant à l’occasion d’un acte médical peut être regardé comme anormal s’il entraîne des conséquences nettement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé compte tenu de son état de santé initial, même en présence d’un risque connu.
Le rôle des CCI dans la procédure amiable
Les victimes peuvent saisir la Commission de Conciliation et d’Indemnisation qui étudie leur dossier, organise une expertise médicale, et tente une conciliation avec les établissements ou professionnels responsables.
Cette étape est souvent déterminante avant un éventuel recours judiciaire.

Importance de l’accompagnement juridique expert
Les règles et conditions pour obtenir réparation en cas de complication imprévisible liée aux soins sont complexes. La preuve de la gravité, de l’imputabilité et de l’anormalité du préjudice nécessite une expertise approfondie.
C’est pourquoi l’assistance d’un avocat compétent en dommage corporel et en contentieux médicaux est indispensable pour :
- évaluer la recevabilité de votre demande,
- constituer un dossier solide,
- vous accompagner devant la CCI ou en justice,
- négocier la meilleure compensation possible.
Maître Raphaële Secanzi Leiba, Avocate au barreau de Paris, vous assiste à chaque étape. Son cabinet situé dans le 17e arrondissement de Paris vous accueille pour une étude personnalisée.
FAQ – Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un aléa thérapeutique ?
L’aléa thérapeutique est un accident médical non fautif : un dommage survenu à l’occasion d’un acte de prévention, de diagnostic ou de soins, sans erreur du professionnel. Il peut ouvrir droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale lorsque les critères légaux sont remplis.
Quelle différence entre aléa thérapeutique, erreur médicale et infection nosocomiale ?
L’erreur médicale suppose une faute (manquement aux règles de l’art). L’aléa thérapeutique est un accident sans faute. L’infection nosocomiale relève d’un régime spécifique (selon le contexte, avec ou sans faute). Pour une vue d’ensemble : indemnisation de l’accident médical et indemnisation de l’erreur médicale.
Qui indemnise un aléa thérapeutique ?
Lorsque les conditions sont réunies, l’indemnisation est prise en charge par l’ONIAM (solidarité nationale), souvent après saisine d’une CCI et réalisation d’une expertise. Voir aussi : ONIAM : procédure et indemnisation.
Quelles conditions faut-il remplir pour être indemnisé par l’ONIAM ?
Le dommage doit être directement imputable à un acte médical, présenter un caractère de gravité et être anormal au regard de l’état de santé initial et de son évolution prévisible. L’expertise est l’élément central pour apprécier ces critères.
Comment se déroule la procédure devant la CCI ?
La CCI examine la recevabilité, organise une expertise, puis rend un avis. Selon les cas, l’indemnisation est proposée par l’assureur du responsable (si faute retenue) ou par l’ONIAM (si accident non fautif). La procédure est encadrée, mais le dossier doit être solidement documenté.
Dois-je être assisté lors de l’expertise médicale ?
Très souvent, oui : l’expertise conditionne le chiffrage et la reconnaissance des préjudices. Être accompagné par un avocat (et, selon les cas, un médecin-conseil) permet d’éviter une sous-évaluation et de sécuriser la procédure.
L’aléa thérapeutique est-il indemnisé automatiquement ?
Non. L’indemnisation n’est jamais automatique. Elle dépend de la réunion des critères légaux (gravité, imputabilité, caractère anormal), appréciés à l’issue d’une expertise médicale. Un accompagnement juridique permet d’évaluer sérieusement les chances de succès.
Comprendre l’accident médical : situations, notions et repères juridiques
Avant d’envisager un recours ou une indemnisation, il est essentiel de qualifier juridiquement la situation. Tous les événements indésirables survenus lors de soins ne relèvent pas des mêmes mécanismes. Faute médicale, aléa thérapeutique, infection nosocomiale ou produit de santé défectueux obéissent à des règles distinctes. Les articles ci-dessous permettent de comprendre ces notions, d’identifier les situations reconnues par le droit et d’orienter utilement les démarches.
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