Un accident de la route, de la vie, du travail, ou bien un incendie, une agression, ou encore un accident domestique peut occasionner des brûlures. Les victimes de brûlures peuvent par la suite demander l’indemnisation du préjudice corporel qui est souvent très important. Aussi pour l’avocat en dommage corporel et le médecin-conseil de la victime, la spécificité des lésions engendrées par les brûlures exige une connaissance et un traitement particuliers du dossier.
L’origine de l’accident
Le nombre annuel de brûlés en France est estimé, à ce jour, à 500 000, dont 10 000 victimes hospitalisées.
Brûlures thermiques
Les brûlures thermiques sont les plus fréquentes. Elles peuvent survenir par ébouillantement, inflammation – responsable de la moitié des décès de brûlés, explosion, ou encore contact avec un solide brûlant, un métal en fusion par exemple.
Brûlures électriques
Les brûlures peuvent être également électriques. Ainsi en est-il de l’électrisation, l’électrocution, le foudroiement, l’arc électrique, le flash électrique.
Brûlures chimiques
Moins fréquentes, les brûlures chimiques qui ne sont pas nécessairement cutanées, mais peuvent être respiratoires, digestives ou bien oculaires.
Brûlures radiologiques
Les brûlures radiologiques enfin, survenant après une exposition excessive à un agent ionisant.
Les brûlures de la victime
La peau
La peau est un organe qui protège le corps contre les traumatismes et les infections. C’est aussi un organe sensoriel. Il s’agit également d’un organe esthétique et de communication sociale. Elle est composée principalement de trois tissus appelés, de la couche la plus en surface à la couche la plus profonde, épiderme, derme et hypoderme.
Le derme contient des capillaires sanguins qui participent au contrôle de la température du corps. De nombreuses terminaisons nerveuses traversent également le derme et l’épiderme, jusqu’à la surface de la peau.
La peau est, par ailleurs, le plus grand organe du corps. Ainsi, chez l’adulte, la surface de la peau représente entre 1,5 et 2 mètres carrés.
Pour déterminer la gravité d’une brûlure, il est essentiellement tenu compte de la profondeur de la brûlure, de sa surface, et de sa localisation.
La surface brûlée
En premier lieu, est prise en considération la surface brûlée, qui se traduit en pourcentage de la surface corporelle totale appelée aussi « SC ».
On parle de grand brûlé lorsque les brûlures sont supérieures à 20% de la surface corporelle. Toutefois, pour les enfants et les personnes âgées de plus de 65 ans, ce seuil est abaissé à 10%. Il est aussi abaissé à 5% pour les nourrissons.
La profondeur de la brûlure de la victime
En second lieu, on apprécie la profondeur de la brûlure. C’est-à-dire, plus la brûlure est profonde, plus elle est grave. Aussi, on classe les brûlures par degré. Généralement elles guérissent en quelques jours.
Brûlure au premier degré
Une brûlure au premier degré atteint l’épiderme seulement. On peut donner l’exemple du coup de soleil. Ces brûlures guérissent en quelques jours et ne laissent jamais de cicatrices.
Brûlure au second degré
La brûlure au second degré peut être profonde ou superficielle. Ces brûlures touchent le tiers supérieur du derme. La peau est douloureuse et peut être rosée, rouge claire ou blanche, selon la gravité de la brûlure. Les brûlures du second degré laissent généralement une cicatrice définitive.
Brûlure au troisième degré
Enfin, la brûlure au troisième degré atteint la peau en profondeur, l’épiderme et le derme, jusqu’à la graisse. Pour ce type de brûlure, il faudra procéder par excision chirurgicale et greffe cutanée.
La brûlure peut parfois atteindre les muscles, les tendons, les articulations, les os, les cartilages.

Autres facteurs de gravité de la brûlure de la victime
Outre la surface brûlée et la profondeur de la brûlure, d’autres facteurs de gravité sont pris en compte tels que l’âge de la victime brûlée. La mortalité est plus fréquente chez les victimes âgées de moins de cinq ans et de plus de soixante ans.
La localisation de la brûlure intervient également dans l’appréciation de sa gravité. Ainsi, les brûlures de la face, des mains et du périnée sont particulièrement graves.
La particularité de ces lésions et des traitements qu’elles engendrent, va déterminer l’appréciation des préjudices de la victime de brûlures.
Le risque viral de la brûlure
Certaines brûlures présentent en outre un risque vital : risque d’asphyxie pour les brûlures de la face, du cou, du thorax ; risque infectieux pour les brûlures du périnée.
Les risques fonctionnels
Les brûlures peuvent encore se compliquer de risques fonctionnels.
Le risque esthétique
Elles peuvent également s’accompagner de risques esthétiques. C’est le cas, par exemple, des brûlures du visage.
Les préjudices spécifiques et les traitements des victimes de brûlures
Grand brûlé : une indemnisation souvent plus complexe
Lorsque la brûlure est étendue, profonde, ou localisée sur des zones particulièrement sensibles (visage, mains, périnée), on parle souvent de grand brûlé. Le parcours de soins est alors plus long. Les greffes, la contention, les reprises chirurgicales et la rééducation s’inscrivent dans la durée. Les répercussions psychologiques sont aussi plus fréquentes.
Sur le plan juridique, ces dossiers exigent une approche spécifique. La consolidation est souvent plus tardive. L’expertise doit être conduite avec des spécialistes. Certains postes, comme les souffrances endurées, le préjudice esthétique, les besoins futurs ou le préjudice professionnel, doivent être documentés avec une grande rigueur.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Indemnisation des grands brûlés : comprendre vos droits et les étapes clés.
Ces spécificités expliquent aussi pourquoi la prise en charge médicale est souvent lourde et progressive. Dans de nombreux cas, les brûlures nécessitent des greffes de peau, des soins prolongés, et une surveillance sur le long terme.
Les traitements de la victime de brûlures
À la suite de ces interventions, les médecins peuvent prescrire des cures thermales. La victime peut également bénéficier de séjours en centre de rééducation, de séances de kinésithérapie, et d’autres soins, selon les zones atteintes, la profondeur des brûlures et l’évolution de la cicatrisation.
Chirurgie plastique et reconstructrice
La reconstruction chez les grands brûlés, par les greffes notamment, ne compense que partiellement les destructions des récepteurs sensitifs.
La victime peut aussi être équipée de conformateurs, de vêtements compressifs, d’habits de contention, ou d’appareillages.
La cicatrisation est par ailleurs un processus qui peut être pathologique ou défectueux.
Du fait de ces spécificités, la victime brûlée doit être assistée par un spécialiste de la brûlure en matière de chirurgie plastique et reconstructrice.
Assistance psychologique
Un psychologue doit également accompagner la victime de brûlures. La brûlure constitue un événement traumatique. Elle laisse souvent des traces psychiques. Elle génère de la souffrance dans la vie personnelle, familiale et sociale. Elle peut aussi altérer l’image du corps et l’estime de soi.
À la suite de grandes brûlures, des troubles psychologiques sont rapportés dans une part significative des cas. Leur intensité varie. Leur retentissement doit être évalué avec sérieux, notamment lorsqu’un état de stress post-traumatique s’installe.
Les brûlures peuvent enfin s’accompagner de lésions à d’autres endroits du corps, nécessitant l’intervention d’autres spécialistes.
C’est pourquoi la victime brûlée requiert, de la part de l’avocat de victimes, une compétence spécifique, ainsi qu’un réseau de professionnels spécialisés.

Le préjudice esthétique
Le préjudice esthétique occupe une place particulière en matière de brûlures. Il ne se limite pas à une simple altération visible. Il recouvre l’ensemble des modifications de l’apparence physique, temporaires ou définitives, et leur retentissement sur la vie personnelle, sociale et relationnelle de la victime.
Ce poste est évalué selon une échelle allant de 1 à 7, 1 correspondant à l’atteinte la plus légère et 7 à l’atteinte la plus importante. La nomenclature Dintilhac distingue le préjudice esthétique temporaire, entre l’accident et la consolidation, et le préjudice esthétique permanent, après la consolidation. Ces deux périodes doivent être appréciées et indemnisées distinctement.
L’évaluation tient compte de nombreux critères. La localisation des cicatrices, leur étendue, leur aspect, leur évolution dans le temps, mais aussi l’âge de la victime et le caractère visible ou dissimulé des atteintes sont déterminants. Le préjudice esthétique recouvre à la fois le regard porté par autrui et le regard que la victime porte sur elle-même.
Dans les dossiers de brûlures, et plus encore de grands brûlés, ce poste est souvent majeur. Il nécessite une analyse rigoureuse lors de l’expertise médicale, appuyée sur le dossier médical et, le cas échéant, sur des éléments visuels permettant d’apprécier l’évolution des cicatrices. Le rôle de l’avocat est alors essentiel pour que ce préjudice soit évalué dans toutes ses dimensions et donne lieu à une indemnisation adaptée.
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