Indemnisation dommage corporel : le parcours des victimes

indemnisation du dommage corporel et son calcul

Le principe fondamental en matière de réparation ou indemnisation du dommage corporel figure dans la résolution 75-7 du Conseil de l’Europe. La Cour de Cassation rappelle donc systématiquement que la victime d’un dommage doit être indemnisée de tous les préjudices subis. C’est le principe de réparation intégrale des préjudices.

Les différentes règles : indemnisation suite à un accident corporel

les différentes règles d'indemnisation dommage corporel

Chaque type d’accident répond à des règles de droit et des mécanismes différents. Par conséquent le déroulement de la procédure de réparation ou d’indemnisation diffère sensiblement. Aussi pour un même accident plusieurs organismes ou tribunaux compétents sont envisageables. À titre d’exemple :

Les accidents de la route

Sont généralement régis par la loi Badinter les accidents impliquant ;

  • les voitures ;
  • cyclistes ;
  • piétons.

La loi protège les victimes sauf quand elles sont en faute (conducteur).

Pour en savoir plus : accident de la route.

Accidents de travail

Lors d’un accident de travail impliquant un dommage corporel le salarié est indemnisé forfaitairement. Cela sous certaines conditions. Il est, de même, généralement indemnisé par la sécurité sociale. Aussi la réparation des préjudices qui découlent d’un accident de travail ou accident de trajet a un cadre de réparation avec des règles spécifiques. Ces règles sont différentes de celles du droit du dommage corporel.

Quel organisme ou tribunal pourrait être compétent pour un type d’accident ?

Il faut préciser que le droit français donne un grand nombre de choix à la victime pour saisir la juridiction, tribunal ou organisme. Chaque juridiction a sa propre jurisprudence et par conséquent ses propres montants d’évaluation.

Indemnisation préjudice corporel : la nomenclature

Les référentiels d’indemnisation des victimes d’un accident sont des outils indispensables. En effet, il est nécessaire d’harmoniser les indemnités allouées à la victime d’une région à l’autre. C’est pour cela que, en 2004, Jean-Pierre Dintilhac a été chargé de créer une nomenclature des préjudices.

Indemnisation accident corporel : les acteurs dans le processus

Le dédommagement de la victime d’un accident implique de nombreux acteurs. On peut dénombrer, entre autres :

  • la victime ;
  • l’auteur du dommage ;
  • les tiers payeurs ;
  • les assureurs ;
  • parfois l’employeur de la victime et les fonds d’indemnisation.

Mais aussi les tribunaux et cabinets d’avocats. On comprend donc la nécessité d’une harmonisation des critères.

Dommage corporel : la nomenclature Dintilhac

La Nomenclature vient harmoniser les critères. Elle recense et ordonne en effet les différents postes de préjudice corporel. Par exemple, le préjudice moral, le préjudice esthétique ou encore le “pretium doloris”.

C’est une liste indicative, une sorte de guide. Ce guide est susceptible, si besoin, de s’enrichir de nouveaux postes de préjudice qui viendraient alors s’agréger à la trame initiale. Ces postes sont la base pour chiffrer par la suite l’indemnisation.

Nous décrivons plus longuement la nomenclature dans notre article “La nomenclature Dintilhac

Nomenclature Dintilhac

Détermination des préjudices de la victime

Tous ces préjudices subis par la victime et provoqués par un accident doivent être mesurés dans le cadre d’une expertise médicale sérieuse. Expertise faite par un médecin expert. Mais il existe une grande diversité de préjudices :

  • économiques et non économiques ;
  • apparents, non apparents ;
  • temporaires ;
  • permanents.

C’est le rôle des avocats des victimes, du médecin-conseil de la victime et l’expertise médicale de les déterminer et par la suite évaluer ces préjudices.

Voir à ce sujet notre article : Comment la victime est-elle indemnisée, l’expertise médicale

indemnisation dommages corporels

Montant indemnisation accident : le barème

Il faut noter qu’il n’existe que des barèmes d’indemnisation indicatifs. Le barème le plus généralement utilisé pour le calcul de l’indemnisation d’un accident est le barème de droit commun dit du concours médical. Celui-ci permet d’évaluer, en pourcentage, l’atteinte à une fonction après examen corporel. C’est-à-dire le déficit fonctionnel permanent ou DFP (anciennement appelé AIPP).

Considérons par exemple l’évaluation du dommage. On évalue :

  • à 25% la perte fonctionnelle d’un œil ;
  • à 60% la perte complète ou bilatérale de l’audition ;
  • de 30% à 50% l’amputation d’une main ;
  • à 15% la perte des cinq orteils.

C’est cette évaluation du DFP en pourcentage qui va permettre d’évaluer la compensation monétaire du dommage.

Chiffrer les différents préjudices corporels et obtenir le paiement des indemnités

Montant d’indemnisation suite à un accident

Les postes de préjudices subis par la victime et listés dans la nomenclature Dintilhac sont évalués, pendant l’expertise :

  • en pourcentage pour ce qui est du DFP ;
  • et différemment pour les autres.

Les souffrances endurées sont, par exemple, évaluées sur 7. C’est ici que le rôle du médecin-conseil est déterminant dans l’indemnisation préjudice corporel.

Ensuite, les différents types de préjudices des victimes ainsi évalués sont convertis en préjudice monétaire par l’avocat en dommages. Ceci afin de déterminer la demande de dédommagement et le montant d’indemnisation suite à l’accident.

Par ailleurs, d’autres postes, qui ne sont pas médicaux, peuvent être évalués directement en euros. Par exemple la perte de gains professionnels.

L’indemnisation du dommage de l’accident est aussi valorisée par application d’une rente de capitalisation.

Pour les plus curieux, indiquons que le dernier barème appliqué pour l’indemnisation peut être celui publié récemment par la Gazette du palais.

Montant de la réparation d’un accident corporel léger

Dans le cas d’un accident corporel léger, il est possible d’obtenir des exemples pour illustrer un montant d’indemnisation. De nombreux sites web proposent des exemples et parfois des simulateurs.

Qui indemnise la victime d’un accident ?

Les compagnies d’assurances

En règle générale, ce sont les compagnies d’assurances qui prennent en charge l’indemnisation accident corporel. Plusieurs cas sont possibles :

  • En premier lieu, la garantie responsabilité civile souscrite par la victime de l’accident corporel.
  • Garantie corporelle individuelle ensuite. C’est-à-dire la garantie accidents de la vie souscrite par la victime.
  • La garantie recours : quand un tiers est à l’origine de l’accident de la victime. Dans cette hypothèse, c’est tantôt l’assureur du responsable, tantôt l’assureur de la victime de l’accident corporel qui interviendra pour indemniser. Ceci selon le taux de DFP (déficit fonctionnel permanent).

Fonds d’indemnisation des victimes : les différents fonds

Il existe aujourd’hui plusieurs fonds d’indemnisation. Leur objet est de garantir l’indemnisation des victimes de dommages corporels contre l’absence ou l’insolvabilité. Ils sont présents au nom de la solidarité nationale, pour accompagner les victimes. Le rôle de votre avocat est essentiel aussi pour saisir ces fonds dans les temps et efficacement. Il informe de même les victimes de l’existence et le rôle des différents fonds d’indemnisation, selon le type d’accident subi par les victimes.

La CIVI.

La commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) est une instance juridictionnelle. Créé en 1977 dans le but de garantir une réparation aux victimes d’infractions placées dans des situations particulièrement graves. Cela concerne aussi bien les infractions ayant causé une atteinte à la personne que celles ayant causé une atteinte aux biens.

Présente dans chaque tribunal de grande instance, la CIVI instruit les demandes d’indemnisation présentées par les victimes. Cette juridiction autonome peut être saisie indépendamment de la procédure pénale, même si l’auteur des faits n’a pas été identifié. Ces demandes sont appréciées par la suite en toute indépendance.

Dans quels cas peut intervenir la CIVI ?

En déposant une requête auprès de la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions la victime peut obtenir une indemnisation du préjudice. Les conditions de la CIVI sont les suivantes :

  • L’infraction a entraîné une incapacité permanente partielle (IPP).
  • Ou bien l’infraction a provoqué une incapacité totale de travail (ITT).

Mais aussi si la victime est dans les cas de :

  • infraction à caractère sexuel.
  • Traite des êtres humains.
  • Parents des victimes décédées.
  • Ou bien de vol.
  • D’escroquerie.
  • D’abus de confiance.
  • Ou encore d’une extorsion de fonds.

Cette procédure, par contre, ne concerne pas les victimes d’accidents du travail, d’actes de terrorisme et d’accidents de la route. Dans ces cas, il existe à l’heure actuelle d’autres procédures ouvrant droit à indemnisation. Ainsi peuvent être indemnisées les victimes, pour les infractions commises en France :

  • de nationalité française ;
  • ou ressortissantes d’un État membre de l’Union européenne.

Sous réserve des traités et accords internationaux, les victimes étrangères peuvent également demander une indemnisation. La condition étant qu’elle soit en situation régulière au jour des faits ou de la demande d’indemnisation. Aussi, si l’infraction a été commise à l’étranger, seules les victimes de nationalité française peuvent bénéficier d’une indemnisation.

Quel délai pour saisir la CIVI ?

On doit adresser la requête, soit :

  • dans un délai de 3 ans à compter de la date de l’infraction,
  • soit, si une procédure judiciaire a été engagée, dans un délai d’un an à compter de la date de la dernière décision de justice.

La CIVI peut, dans certains cas, examiner votre demande, même si on est hors délais.

Consulter le site de la CIVI :

La SARVI.

La SARVI aide au recouvrement de dommages-intérêts alloués par une juridiction pénale. Le délai est de 1 an, à compter de la date à laquelle la décision est définitive, pour saisir la SARVI.

Visiter le site de la SARVI :

Le FGAO (Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages).

Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) s’est substitué en 2003 au Fonds de garantie automobile créé dès 1951. Ce fonds a notamment pour objet de garantir l’indemnisation des victimes d’accidents corporels de la circulation et de chasse. Il est susceptible d’intervenir :

  • lorsque l’auteur du dommage n’est pas assuré
  • ou lorsque l’assureur du responsable oppose une cause d’exclusion de garantie.

Le Fonds de garantie n’est institué que dans le seul intérêt des victimes. Ainsi aucune action subrogatoire ne peut être exercée contre lui par un organisme ayant indemnisé partiellement la victime par ailleurs. (Civ.1, 15 décembre 1998, n° 96-21.279)

Le FGAO intervient notamment :

  • en cas d’accident de la circulation survenu en France ou à l’étranger,
  • lorsque l’auteur de l’accident n’est pas identifié (délit de fuite),
  • ou bien s’il est identifié mais n’est pas assuré.

Attention, le FGAO doit être saisi dans le délai de 1 an quand le responsable est connu, 3 ans lorsque le responsable est inconnu.

Attention, le FGAO doit être saisi dans le délai de 1 an quand le responsable est connu, 3 ans lorsque le responsable est inconnu.

Le FGTI (fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions).

Le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions, FGTI est créé par la loi du 6 juillet 1990. Le but étant de garantir l’indemnisation du dommage corporel subi par les victimes d’infractions.

Le FGTI intervient notamment :

  • en faveur de la victime d’acte de terrorisme,
  • mais aussi elle prend en charge les victimes d’infractions de droit commun.

Consulter le site du FGTI →

La FIVA.

La loi du 23 décembre 2000 a créé le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA). Ce fonds intervient notamment dans le contentieux des maladies professionnelles résultant d’une exposition à l’amiante.

fonds d'indemnisation des victimes, la loi

L’ONIAM et les CCI ou CRCI.

Loi du 4 mars 2002 crée L’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM). Ce fonds a pour objet de garantir l’indemnisation des victimes d’accidents médicaux. Notamment les préjudices de contamination liés aux transfusions sanguines, qu’il s’agisse du VIH ou de l’hépatite C.

Avec les CCI (Commissions de conciliation et d’indemnisation), il intervient en cas d’accident médical pour les dommages occasionnés par :

  • un accident médical ou des dommages imputables à une activité de recherche biomédicale ;
  • une affection iatrogène (effet secondaire lié à un traitement médical) ;
  • ou bien une infection nosocomiale (infection contractée dans un établissement de santé).

La CCI ou CRCI intervient également en cas d’accident médical ou d’infection nosocomiale. Il faut la saisir dans les 10 ans de la date de consolidation. Ce délai est réduit à 4 ans en ce qui concerne une vaccination obligatoire ou contamination transfusionnelle.

LA CCI ou CRCI donne un avis et transmet ensuite le dossier soit à l’assureur, soit à l’ONIAM, qui prend la décision d’indemniser ou non des victimes.

Les CCI requièrent certaines conditions tenant essentiellement à la gravité du préjudice.

Voir notre article sur L’ONIAM →

Consulter le site de l’ONIAM →

Le délai pour solliciter réparation du préjudice

Cas général

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé. Ainsi la victime d’un accident dispose d’un délai de 10 ans pour demander l’indemnisation de son dommage. Mais aussi, en cas d’aggravation, ce délai démarre à partir du jour de l’aggravation du dysfonctionnement corporel.

Les exceptions

Toutefois, il y a des exceptions :

  • en cas de préjudice causé par des tortures ou des actes de barbarie ;
  • ou bien par des violences ou des agressions sexuelles. Celles-ci étant commises contre un mineur et provoquant des blessures corporelles.

Le délai de prescription pour ces deux cas est de vingt ans.

Délai pour saisir le FGAO

Si le responsable de l’accident est connu, le délai pour saisir le FGAO est de 1 an à compter de l’accident. Dans le cas contraire, c’est-à-dire le responsable est inconnu, le délai est alors de 3 ans.

indemnisation dommage corporel

Quelques points importants concernant la transaction avec la compagnie d’assurances

Nous l’avons vu précédemment, c’est en général une compagnie d’assurances qui paye l’indemnisation. Il y a donc une transaction.

Le devoir d’information de la compagnie d’assurances en cas d’accident

L’assureur a le devoir d’informer la victime de ses droits. Ainsi la transaction est nulle si l’assureur n’a pas informé la victime des points suivants :

  • qu’elle pouvait, premièrement, obtenir sur simple demande, copie du rapport de police ;
  • et ensuite, ne lui a pas rappelé qu’elle pouvait se faire assister d’un avocat et/ou d’un médecin en cas d’examen médical.

Le cas où la victime est mineure

Aussi, l’autorisation du juge est nécessaire pour valider la transaction correspondante à l’indemnisation si la victime est :

  • un mineur ;
  • ou un majeur en tutelle.

Délai pour dénoncer la transaction avec l’assureur

Par ailleurs, la victime, son représentant légal ou son ayant droit a 15 jours pour dénoncer la transaction une fois signée.

Contact : RSL cabinet d’avocats dommages corporels, Paris

Mon cabinet est domicilié à Paris. Il a comme domaine d’activité principal l’assistance juridique et défense de victimes de préjudices corporels. Écoute, confiance et réactivité et service sont aussi indissociables de mon action d’accompagnement.

Avocate indemnisation dommage corporel. J’accompagne les victimes d’accident dans toutes les démarches jusqu’à la liquidation des préjudices. Le but est d’obtenir la meilleure indemnisation des préjudices corporels possible.

Situé à Paris, dans le XVII arrondissement. Vous pouvez facilement me contacter à l’aide des formulaires de demande d’information et de demande de rendez-vous. Aussi par téléphone au +33 (0) 1 88 32 81 27 ou par courriel : contact@rsl-avocat.com. Je vous répondrai dans les plus brefs délais.

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