Le handicap ou l’accident peuvent altérer les facultés d’une personne et la rendre incapable de défendre ses intérêts. Le juge peut alors décider d’une mesure de protection juridique par laquelle une autre personne l’aide à protéger ses intérêts. Ainsi les victimes peuvent être placées sous sauvegarde de justice, curatelle, curatelle renforcée, ou tutelle, du plus au moins souple selon la gravité de leurs troubles.

La tutelle

La tutelle est une mesure judiciaire destinée à protéger une personne majeure et/ou tout ou partie de son patrimoine si elle n’est plus en état de veiller sur ses propres intérêts. Un tuteur la représente dans les actes de la vie civile. Le juge peut énumérer, à tout moment, les actes que la personne peut faire seule ou non, au cas par cas.

La curatelle

La curatelle est une mesure judiciaire destinée à protéger un majeur qui, sans être hors d’état d’agir lui-même, a besoin d’être conseillé ou contrôlé dans certains actes de la vie civile. La curatelle n’est prononcée que s’il est établi que la mesure de sauvegarde de justice serait une protection insuffisante. Il existe plusieurs degrés de curatelle. Le juge des tutelles désigne un ou plusieurs curateurs.

La sauvegarde de justice

La sauvegarde de justice est une mesure de protection juridique de courte durée qui permet à un majeur d’être représenté pour accomplir certains actes. Cette mesure peut éviter de prononcer une tutelle ou une curatelle, plus contraignantes. Le majeur conserve l’exercice de ses droits, sauf exception. Il existe 2 types de mesures de sauvegarde de justice, judiciaire ou médicale.

Habilitation judiciaire pour représentation du conjoint

La mesure d’habilitation judiciaire peut être mise en place lorsque l’un des époux se trouve hors d’état de manifester sa volonté. L’autre peut se faire habiliter par justice à le représenter, d’une manière générale, ou pour certains actes particuliers.

La protection juridique, un couple se protégeant

L’habilitation familiale

L’habilitation familiale permet à un proche (descendant, ascendant, frère ou sœur,époux ou épouse, concubin, partenaire de Pacs) de solliciter l’autorisation du juge pour représenter une personne qui ne peut pas manifester sa volonté.

Mesure d’accompagnement social personnalisé (Masp) ou judiciaire (Maj).

Les mesures d’accompagnement sont destinées à aider des personnes majeures dont les facultés ne sont pas altérées, mais qui sont en grande difficulté sociale et perçoivent des prestations sociales. Il existe 2 types de mesure : la mesure d’accompagnement social personnalisé (Masp), mise en place en accord avec la personne en difficulté, et la mesure d’accompagnement judiciaire (Maj), imposée par la justice à la personne en difficulté.

Une mesure de protection future peut également être prise.

Mandat de protection future

Toute personne majeure ou mineure émancipée (mandant) ne faisant pas l’objet d’une mesure de tutelle ou d’une habilitation familiale peut désigner à l’avance une ou plusieurs personnes (mandataire) pour la représenter. Le jour où le mandant ne sera plus en état, physique ou mental, de pourvoir seul à ses intérêts, le mandataire pourra protéger les intérêts personnels et/ou patrimoniaux du mandant. Les parents peuvent aussi utiliser le mandat pour leur enfant souffrant de maladie ou de handicap.

Ces mesures permettent de désigner un représentant légal habilité à administrer les biens de la victime, qui peut ne plus se trouver à même de le faire lui-même.

Ainsi, elles peuvent être essentielles pour assurer la protection du patrimoine de la victime.

La demande doit être formée devant le juge des tutelles. Elle doit être appuyée par un certificat médical établi par un médecin agréé.

Elle provient en général de la victime ou d’un proche, mais elle peut également être faite par le procureur de la République.

Voir aussi le guide la protection juridique publié par l’ UNAPEI >>